Cisaille renforcée Peugeot modèle 1915
Après la guerre de mouvement qui marque les premières semaines de la Grande Guerre, le front se stabilise progressivement. Les soldats s’enterrent alors dans des réseaux de tranchées qui vont rapidement se développer et se complexifier.
Boyaux de communication, parapets, abris en béton, postes de garde et postes d’observation viennent compléter ces installations. Les tranchées françaises et allemandes se font face, séparées par une zone de terrain neutre appelée « no man’s land ». Afin de se protéger des assauts ennemis, les soldats mettent en place d’importants réseaux de fils barbelés, fixés sur des poteaux, des chevaux de frise ou encore des queues de cochon.
Pour franchir ces obstacles, les armées doivent disposer d’outils permettant de couper rapidement les fils barbelés. Dans l’infanterie française, différents outils sont répartis entre les soldats afin de leur permettre d’effectuer aussi bien des travaux de terrassement que des opérations de destruction. Pelles, pioches, haches et pics font ainsi partie de l’équipement courant.
Une cisaille à main est également adoptée dès 1905 par l’Armée française. Cependant, ses dimensions réduites la rendent peu efficace face aux réseaux de barbelés de plus en plus développés pendant la guerre. De plus, en 1914, sa dotation reste très limitée : seulement quatre cisailles sont prévues par compagnie.
Face à ces insuffisances, Peugeot met au point en 1915 une cisaille renforcée spécialement destinée à couper les fils barbelés. Plus robuste et adaptée aux contraintes du front, elle mesure 320 mm de longueur et se décline en quatre tailles différentes. Cette cisaille constitue ainsi l’un des nombreux outils développés ou adaptés pendant la Première Guerre mondiale pour répondre aux nouvelles conditions de combat imposées par la guerre des tranchées.

