Les hécatombes du Hartmannswillerkopf et du col du Linge, ainsi que les reliquats matériels impressionnants qui s’y trouvent, ont emporté la vedette parmi les champs de bataille des Vosges, à la fois dans la mémoire collective et dans les fréquentations actuelles.
Tout près du Vieil Armand, le Sudel a lui aussi été le théâtre de combats sanglants. Aujourd’hui méconnu par la plupart, il fut le témoin d’affrontements suffisamment importants pour être relatés par les journaux de l’époque.
À travers notre site, nous avons essayé de rafraîchir la mémoire de ce lieu précis des batailles vosgiennes.
Résumé d’un combat acharné
En 1914, les Français perdent le contrôle du Vieil Armand (Hartmannswillerkopf), observatoire stratégique de la plaine d’Alsace. Les contre-attaques à partir du Molkenrain sont sans succès.
Au début de l’année 1915, le sommet du Sudel est enlevé aux Allemands par les chasseurs alpins, dont l’élan n’a pas été arrêté par la violente tempête de neige qui sévissait en février. Ces valeureux guerriers ont pris successivement le Sudelkopf (1012 m), puis la ferme du Sudel, à 800 mètres de là. Par la suite, les troupes françaises se sont solidement maintenues sur leurs positions au « doigt » du Sudel, notamment grâce au soutien de l’artillerie implantée au Grand-Ballon et au Molkenrain.
Grâce à ces efforts, le Sudelkopf restera une position française jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale.
Les combattants du front des Vosges témoignent
Chez les Allemands
Un officier Allemand déclare au sujet des affrontements au Sudel :
« Même sans coup de feu, la vie peut être un enfer ici. »
Pour le général VON FRECH, les troupes d’infanterie allemandes se maintiennent plutôt bien dans la plupart des secteurs : Hartmannswillerkopf, Hilsen ou au Linge… sauf au Sudel, où tout va mal pour les Allemands !
« Les contre-offensives allemandes échouent et entraînent de fortes pertes en vies humaines. »
Extraits du Journal de Guerre du L.I.R 123 « Landwehr Infanterie Regiment » – 1915.
Du côté Français
Un officier français parle de la situation des soldats français sur le champ de bataille du Sudel :
« En effet, c’est par la fréquence et le mordant de ces patrouilles que nous maintenons dans une situation défensive notre ascendant sur l’ennemi et que nos troupes se confirment dans le sens de l’offensive. »